L’Etat relance la consommation par le paiement de la dette intérieure

Deux phases de paiement ont déjà permis aux opérateurs économiques de bénéficier de plus de 60 milliards de FCFA cette année.

Retrouver un juste équilibre budgétaire, c’est l’objectif visé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) signé le 26 juin 2017 avec le Fonds Monétaire International.  Et c’est dans le continuum de cette vision que le Président de la République, s’adressant à la nation le 31 décembre 2017, s’est fait fort d’insister sur l’un des axes prioritaires de la croissance économique du Cameroun à savoir le paiement de la dette due aux PME.  Car, dans un contexte où la santé financière des opérateurs économiques et des créateurs de richesses en général se dégradait du fait de l’accumulation des impayés de l’Etat, notre économie n’en pouvait sortir qu’affaiblie.
 Face à cela, l’Etat a opté d’oxygéner la trésorerie des PME, en enclenchant le règlement de la dette due à ces opérateurs. Les fonds ainsi versés aux entreprises devraient agir en faveur de la sauvegarde et de la création d’emplois, en même temps qu’ils devraient permettre de générer des revenus fiscaux pour l’Etat dont l’une des missions, assignées aux services de l’assiette dans le programme économique et financier, consiste justement à élargir l’assiette fiscale afin d’accroître à terme les ressources internes.
 L’efficacité de cette méthode de relance économique par l’injection de la masse monétaire dans l’économie, a fait ses preuves dans bien des pays de par le monde. Car, en contrepartie de cet effort de l’Etat, les entreprises s’engagent généralement à réinvestir dans les circuits productifs, une partie des montants remboursés afin de participer à l’effort de relance de l’économie nationale sous la forme de création d’emplois et de reprise des chantiers à l’arrêt. Elle permet aussi de retrouver les capacités nécessaires pour relancer l’économie à travers des politiques d’investissement ambitieuses qui doivent profiter à l’ensemble des Camerounais, dont l’amélioration des conditions de vie quotidienne demeure une priorité du chef de l’Etat.
 L’injection des liquidités dans le circuit économique à travers le règlement de nombreuses factures dues aux fournisseurs, longtemps restées en instance, permettront par effet de ruissellement aux entreprises bénéficiaires, de poursuivre les investissements gelés et même d’engager de nouveaux chantiers.
 Pour l’Etat du Cameroun qui soupire à l’atteinte de ses objectifs de croissance cette année, la relance de la consommation constitue l’enjeu principal de cette opération qui, au passage, envoie un signal fort aux partenaires techniques et financiers du gouvernement, engagés à ses côtés dans le cadre de la réalisation du programme économique et financier conclu avec le FMI.
 Egalement, c’est le moment où plus que jamais, l’Etat doit injecter des liquidités dans l’économie. Car, pour l’heure, les principaux agrégats macroéconomiques sont au vert avec  notamment, la remontée des cours du baril de pétrole, l’engagement et la vitesse de croisière des chantiers de la Coupe d’Afrique des Nations de football dont les sites permettent au secteur du BTP d’afficher une croissance positive, le retour à une croissance positive qui tourne cette année autour de 4,3%. A côté, il y a la rigueur qui encadre le nouveau cadrage économique du pays dont les premiers effets permettent de constater que le pays réalise ses objectifs. Les observations positives de la dernière mission du FMI témoignent à suffisance de cette trajectoire optimiste que prennent les finances publiques dans leur redressement. Et l’ordonnance présidentielle sur l’augmentation du budget 2018 de 176 milliards de Fcfa, témoigne tant de la bonne tenue des comptes que du bon comportement des services chargés de collecter les ressources qui servent à honorer les engagements de l’Etat.
 Bien plus, les paiements au titre de la dette intérieure prévus en 2017 ont augmenté de 103,7 milliards, soit 29,5% ; ils sont passés de 351,9 milliards en 2016, à 455,6 milliards en 2017. Par rapport aux 402,9 milliards prévus pour l’exercice, le taux d’exécution de ces paiements est de 113,1%. Suffisant pour conforter la crédibilité de la signature de l’Etat et redonner confiance aux investisseurs et aux PME locales, d’autant plus qu’il n’y a pas d’accumulation d’arriérés sur cette dette comme le rappelle la note de conjoncture publiée le 2 avril 2018.