Mieux que ses voisins d’Afrique Centrale, le Cameroun affiche une belle stabilité et présente des atouts lui permettant de faire face aux répercussions de la pandémie selon l’Agence de notation Moody’s.

Le 27 mai 2020, l’Agence américaine de notation Moody’s avait entamé une procédure d’examen de la situation socio-économique du Cameroun qui subit le choc économique lié à la pandémie du Coronavirus. Via son service d’investisseurs, l’Agence a révisé ses notes souveraines pour les pays d’Afrique et d’Asie dont le Cameroun. « B2 », est donc la note d’ailleurs reconduit du Cameroun, assortie d’une perspective « stable ». Elles reflètent la capacité du Cameroun à faire face aux chocs causés par la pandémie du coronavirus.

Cette situation de stabilité du Cameroun est la résultante de plusieurs atouts selon le rapport de notation, notamment la diversité de son économie, le renouvellement anticipé du programme avec le FMI et l’adhésion du Cameroun à la CEMAC, ce qui atténuent les risques de vulnérabilité externe. En effet, les options prises ces dernières années pour le financement de l’économie camerounaise ne sont pas à négliger parmi les critères pris en compte pour cette notation. On se souvient d’ailleurs que le Cameroun a opté ces derniers temps pour les émissions des  Obligations de Trésor Assimilables (OTA), moins contraignantes que d’autres titres publics, pour non seulement alimenter les caisses de l’Etat, mais aussi poursuivre la réalisation des projets structurants, sans trop de pression de remboursement en ce temps de conjoncture difficile.  A titre de rappel, les OTA, supervisés par la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire (DGTCFM), ont permis à l’Etat de réaliser une économie de 4.8 milliards FCFA en 2020.

Les experts de Moody’s révèlent de manière optimiste que, cette stabilité aura un impact sur le taux de croissance du pays. Alors que les prévisions au plan national sont de -1.2% de taux de croissance en 2020 après collectif budgétaire, contre les 4% prévus dans la loi de finances initiale, Moody’s s’attend à ce que l’économie camerounaise se contracte de seulement 1% en 2020. Le pays renouerait avec la croissance dès 2021, mais avec un PIB en dessous du taux moyen de 4-5% des dix dernières années. Mais cet aspect positif ne doit pas occulter les entraves à la relance de l’économie après la crise causée par la pandémie. L’agence estime en effet, que la participation du pays à l’initiative de suspension des services de la dette augmente le risque que, les créanciers du secteur privé subissent des pertes, même si l’ampleur n’est pas clairement définie.

L’agence prend pour prétexte, l’absence de discussion sur la manière dont le secteur privé pourrait participer à cette relance. Sauf entre-temps, des choses ont évolué. Le Gouvernement via le Ministère des Finances, a pris certaines mesures à l’occurrence, l’allègement fiscal et le déblocage de fonds pour un début d’apurement de la dette intérieure. Sans oublier le dialogue public-privé qui a été engagé à la suite du bilan dressé sur la situation de la Covid-19 sur l’économie nationale.