Depuis 2019, le Cameroun a émis des emprunts Obligataires du Trésor Assimilables sur le marché monétaire de la BEAC. Cette nouvelle ingénierie financière  a permis la mobilisation de 150 milliards de Fcfa et contribue  à l’atteinte de son émergence à travers le financement de grands projets structurants.

Dans son objectif de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035, le Président de la République son Excellence Paul Biya a entrepris un vaste chantier des projets structurants en 2011. La réalisation de ses différents engagements qui portent sur le financement de nouveaux projets inscrits au Budget 2018, les politiques publiques entre autres amène l’Etat à faire des prévisions.

Mais l’insuffisance des moyens peut souvent l’amener à recourir à un l’endettement. C’est fort de cette situation et conformément au Décret N°2019/149 du 22 mars 2019 « habilitant le Ministre des Finances à recourir à des émissions de titres public d’un montant maximum de deux cent soixante milliards (260. 000 000 000) de francs CFA, destinés au financement des projets de développement inscrits dans la loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019 » que l’Etat du Cameroun, représenté par le Ministre des Finances, a mobilisé par appel public à l’épargne, 150 milliards de Fcfa sur le marché monétaire de la BEAC. A cet effet, le trésor a tenté de lever une enveloppe record de ce montant sur le marché des titres publics de la BEAC. Selon le Ministre des Finances Louis Paul Motaze, « cette opération de levée de fonds devra se faire à travers trois émissions distinctes d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA).  Les titres à émettre porteront sur une enveloppe de 50 milliards de FCFA ; les 150 000 000 000 recherchés serviront à la réalisation des projets structurants comme la construction de l’autoroute de Yaoundé- Nsimalen, le projet de désenclavement des bassins agricoles, le bitumage de la route Foumban dans la Région de l’Ouest et Nord-Ouest. »

Cette opération   innovante a consisté en ce qu’en 2019, au lieu d’émettre des emprunts obligataires sur le marché financier comme les années antérieures, l’Etat a plutôt émis les Obligations du Trésor Assimilables sur le marché monétaire de la BEAC.  Elle intervient régulièrement pour les opérations de trésorerie ou de cours terme à travers les émissions de bons du trésor assimilable de maturité 13, 26, ou 52 semaines et quelque fois pour les opérations de financement ou de long terme en émettant les obligations du trésor Assimilables (OTA) dont les maturités vont de 2 à 10ans. Notons aussi que la même démarche a été reprise en 2013, 2014, 2016 et 2018. Au lieu de faire appel à un prestataire de services d’investissement comme arrangeur, cette nouvelle ingénierie financière a été pensée et implémentée par une équipe pluridisciplinaire du Ministère des Finances, sous la supervision de M. MOH TANGONGHO Sylvester, Directeur Général du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire, et coordonnée par M. TELA Samuel, Directeur de la Trésorerie. Selon le Ministre des Finances, « en 2019, le Trésor innove et se recentre sur le marché monétaire. » En effet, le marché monétaire de la Banque Centrale est le marché traditionnel des Trésors Publics et des Banques Commerciales.

Les OTA contribuent à l’atteinte de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Comme avantages, elles permettent la réalisation des projets structurants. Selon le Minfi, à travers cette opération, l’Etat a réalisé une économie nette de 4,8 milliards de francs CFA représentant la commission d’arrangeur et les frais d’enregistrement au marché financier.

A titre d’illustration, les stades de football comme celui d’Olembé, l’autoroute Yaoundé-Nsimalen à Yaoundé dans la Région du Centre, la route reliant Foumban à l’Ouest et le Nord-Ouest sont en pleine construction et bien d’autres projets sont en cours.  Pour Kingsley KELLY MUA, Sous-Directeur des Opérations Financières de l’Etat, au plan macroéconomique, cette opération contribue à la création des richesses d’une part et contribue efficacement à l’atteinte de l’émergence 2035. Malgré les atouts des OTA, l’Etat devra « s’engager pour les Partenariats Public Privé (PPP). Ceux-ci ont prouvé leur efficacité sous d’autres cieux en développant des infrastructures » suggère- t -il.